Vikant*Vivant, une nouvelle association pour défendre les langues régionales de Wallonie

Fondée à Liège le 31 mai 2026 lors de la Fête aux langues de Wallonie, l’asbl Vikant*Vivant entend s’engager dans le combat pour la sauvegarde de notre patrimoine linguistique. En tant qu’administrateurs de cette structure, nous souhaitons vous parler de nos principes d’action et de nos premiers objectifs.

Qui sommes-nous ?

Le projet de Vikant*Vivant est né dans le sillage de la Fête aux langues de Wallonie, laquelle rassemble la plupart des forces vives œuvrant en faveur de la promotion des langues régionales de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Certains d’entre nous sont actifs dans d’autres associations, mais notre engagement vis-à-vis de Vikant*Vivant est un engagement personnel.

Depuis le mois de mai, de nombreuses personnes ont déjà manifesté leur intention de nous rejoindre et de participer à la vie de l’association. Toute personne sensible à l’enjeu de la transmission de nos langues, qu’elle soit ou non locutrice, disposant ou non d’aptitudes pédagogiques, engagée ou non dans une association, une troupe, un cercle est la bienvenue.

Vikant*Vivant se préoccupe de toutes les langues régionales de Wallonie ; cet engagement figure très clairement dans les statuts qui balisent ses activités. Aucune ville ou région ne saurait donc être favorisée, ainsi que s’y est engagé notre groupe de fondateurs, lui-même issu d’une diversité de lieux de la Wallonie.

Cette diversité est une force. Nous espérons que chaque nouveau membre viendra la conforter, en connectant plus étroitement les initiatives de Vikant*Vivant à sa région.

Quels sont nos objectifs ?

Toutes les études menées en Wallonie montrent qu’une action résolue est nécessaire afin de contrer le recul de la transmission familiale des langues régionales. C’est donc cet enjeu prioritaire de la transmission que Vikant*Vivant poursuit à titre principal. Nous pensons que la tendance actuelle peut être inversée et qu’une revitalisation de nos langues est, non seulement possible, mais attendue par un nombre significatif de Wallonnes et de Wallons.

À l’heure actuelle, notre premier objectif est la sensibilisation et la formation des enseignants et du personnel des bibliothèques. Ils pourront ainsi éveiller leurs publics aux langues régionales et deviendront de nouveaux maillons de la chaine de transmission. Par ailleurs, nous amorçons un chantier visant à inventorier les ressources pédagogiques disponibles, afin d’identifier et de combler les lacunes.

Nous souhaitons aussi mener un travail de prospective collective, pour tracer le futur dont nous voulons pour nos langues. Nous avons besoin d’une vision collective dynamique, derrière laquelle tous les locuteurs pourront se retrouver et qui sera communiquée aux décideurs.

Comment allons-nous procéder ?

Vikant*Vivant se définit comme un « opérateur d’appui ». Cela signifie qu’à ce stade, nos premiers bénéficiaires sont les associations locales ou régionales de promotion des langues endogènes et les militants isolés. Nous sommes là pour renforcer leur action, sans prendre leur place ou leur faire concurrence.

Surtout, nous voulons faire émerger de nouveaux effectifs, via une coordination renforcée avec les professionnels de la médiation culturelle et de la transmission. Nous pensons bien sûr au personnel des écoles et des bibliothèques, mais aussi aux partenaires potentiels que sont les animateurs des centres culturels ou des maisons de jeunes. Les médias généralistes pourront aussi devenir des interlocuteurs de l’association.

Dans le cadre de leur action, les membres de Vikant*Vivant ne vont donc pas rencontrer les jeunes à qui il est urgent d’apprendre le champenois, le francique, le gaumais (lorrain), le picard, le wallon ; ils vont plutôt rencontrer celles et ceux qui travaillent au contact de ces jeunes. Nous voulons faire en sorte que toute personne qui souhaite devenir une passeuse ou un passeur de langue ait accès aux bonnes informations et aux bons outils, afin qu’il ou elle puisse aborder sereinement cette tâche.

Est-ce bien réaliste ?

La situation présente de nos langues appelle une action résolue. Nous mettons donc tout en œuvre pour atteindre nos objectifs.

Le siège de l’asbl se trouve dans un lieu mis à sa disposition par la Ville de Namur, dans lequel nous pourrons nous réunir pour mener tous ces chantiers de façon conviviale. Nous sommes aussi en contact avec la Fédération Wallonie-Bruxelles pour obtenir les moyens d’engager un permanent associatif, qui soutiendra nos membres dans toutes les démarches techniques ou administratives liées à nos objectifs.

Enfin, le comité coordinateur de la Fête aux langues de Wallonie a d’ores et déjà décidé de nous impliquer dans l’organisation de son édition à venir. Vikant*Vivant pilotera en effet le prochain concours de néologismes – bate di noûmots – en 2027. Notre association n’a donc pas attendu pour lancer ses premières activités et nous avons déjà planifié plusieurs projets pour l’année à venir.

Nous avons besoin de vous

Dès les prochains mois, Vikant*Vivant va lancer plusieurs groupes de travail.

Un premier groupe composera le programme d’un module pour l’Institut interréseaux de la Formation professionnelle continue (IFPC). Il s’agit d’intégrer le catalogue dans lequel les enseignants choisissent les formations qu’ils doivent suivre durant leurs « journées pédagogiques ». Nous voulons établir un programme lié directement aux référentiels actuels de l’enseignement, qui s’adapte à toutes les régions et qui réponde bien aux préoccupations et aux priorités des professeurs.

Un deuxième groupe s’intéressera à la place du livre en langue régionale dans les bibliothèques. Il récoltera les besoins du secteur via ses fédérations professionnelles et ses établissements de formation, puis il établira toute sélection ou ressource jugée opportune pour faciliter l’accès du grand public – et notamment du jeune public – aux productions écrites en langue régionale.

Un troisième groupe pilotera l’inventaire des ressources pédagogiques que nous souhaitons mener. Il identifiera des manques, établira des priorités pour la production de nouveaux outils et mettra en évidence des opportunités de traduction et d’adaptation, dans le périmètre de la Wallonie ou au départ d’initiatives étrangères.

Un quatrième groupe s’attachera à renouveler la manière dont nous communiquons sur nos initiatives, afin qu’elles touchent le plus grand nombre et qu’elles aient le succès qu’elles méritent. Nous voulons doter notre secteur d’une véritable vitrine, qui puisse montrer, exemple après exemple, que la transmission des langues régionales est source de lien et source de joie. Une vitrine pour partager votre conviction – et la nôtre – que ce combat peut être gagné.

Enfin, un cinquième groupe réfléchira à la pérennisation et au renforcement des grandes initiatives qui structurent notre secteur. Il s’agit bien sûr de la Fête aux langues de Wallonie, mais aussi de toutes les campagnes pan-wallonnes qui gagneraient à être renouvelées et amplifiées. Ce groupe est un espace où nous voulons penser le futur de nos langues régionales.

Comment nous rejoindre ?

Toute personne intéressée est invitée à rejoindre l’assemblée générale de l’asbl, qui sera le point de départ de tous les groupes de travail et de tous nos projets. Les statuts de l’asbl sont consultables en activant ce lien.

Vos candidatures motivées sont à adresser par courriel à l’organe d’administration, via l’adresse info@vikant.be

Nous avons la conviction que plus nous serons nombreux, moins la tâche sera ardue. Dès lors, faisons ensemble le pari d’une convergence solidaire.

Pour la survie de nos langues et de notre culture.

Pour que les générations futures ne soient pas orphelines de cette part de leur identité.

Dji v’ rawârdans ! — Nos vos ratindons ! — Nos v’ ratindans ! — On t’ atind !

 

Les administrateurs de Vikant*Vivant,

Pr Michel FRANCARD (président, sud-wallon)

Joseph DEWEZ (centre-wallon)

Michel Marius GIGOT (trésorier, centre-wallon)

Jean-Luc FAUCONNIER (ouest-wallon)

Renaud KUTY (secrétaire, est-wallon)

Annie RAK (picard)


 

Vignette du communiqué : Imagine Buddy, via Unsplash